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Définition du sexe, de la génétique au phénotype

Avec le début des études de genre à la fin du XXème siècle est apparu le terme de bicatégorisation. Il désigne le processus par lequel on classe les individus en deux catégories qui prétendent être imposées par une réalité biologique : les hommes et les femmes. La bicatégorisation est pleinement ancrée dans notre culture. Avant même la naissance d’un enfant, on se demande s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon. Cette question semble évidente, sa réponse indéniable. Cependant, cette dichotomie est loin d’être indiscutable. Il existe une pluralité de façons d’envisager le sexe biologique en sciences, ainsi que son rapport avec le genre. Nous allons ici expliciter un certain nombre de polysémies que ces notions recouvrent, pour montrer ensuite comment la réglementation sportive internationale s’est saisie de ces enjeux. 

 

Pour appréhender les différentes questions autour du genre et du sexe, il semble d’abord nécessaire de définir ces derniers. Tandis que le sexe désigne les caractéristiques biologiques qui différencient les mâles des femelles, y compris dans l'espèce humaine, le genre correspond quant à lui aux différences non biologiques qui distinguent les individus. Le concept de genre désigne les processus de construction sociale et culturelle des identités féminine et masculine, et ceux des rapports sociaux entre les sexes [4][5]. Le sexe et le genre ne doivent pas être vus comme des entités indépendantes. Au contraire, elles se rejoignent dans un processus d’interaction entre la biologie et l'environnement social qui se développent dès la naissance, voire avant. Cependant, les distinguer reste une question fondamentale. La question du sexe relève de ce qui est de l’ordre anatomique, biologique et physiologique. Alors que la question du genre relève du social, du culturel, donc de la formation d’une identité construite qui est définie selon chaque société.

 

Le genre, généralement décrit en termes de masculinité et de féminité, est une construction sociale qui varie selon les cultures et le temps. Il existe un certain nombre de cultures dans lesquelles une plus grande diversité de genre existe ; le sexe et le genre n’y sont pas toujours clairement divisés selon une distinction binaire telle que les hommes et les femmes. Le Berdache en Amérique du Nord, le fa'afafine dans le Pacifique et le kathoey en Thaïlande sont tous des exemples de différentes catégories de genre qui diffèrent de la division occidentale traditionnelle des personnes en hommes et femmes [6]. De plus, dans certaines communautés autochtones d'Amérique du Nord, le sexe est davantage perçu en termes de continuum que de catégories, avec une reconnaissance spéciale des personnes «bispirituelles» qui englobent les qualités et les caractéristiques masculines et féminines [7]. Il apparaît donc que différentes cultures ont adopté des approches différentes pour créer des distinctions de genre, avec plus ou moins de reconnaissance de la fluidité et de la complexité du genre [8].

 

Bien que scientifique, la détermination du sexe biologique est également incroyablement complexe. Elle implique non seulement l'anatomie mais également toute une chorégraphie de facteurs génétiques et chimiques qui se déroule au fil du temps. Les critères de différenciation des sexes sont donc nombreux, ils comprennent l’anatomie, les chromosomes, les hormones sexuelles, les gonades et le système reproductif. Au cours du développement sexuel, des perturbations peuvent interférer et mener à des cas complexes d’intersexuation [9]. Les athlètes hyperandrogènes qui donnent du fil à retordre aux instances sportives sont souvent concernées par une intersexuation.