La testostérone : indicateur qui assure le principe d’équité dans
le sport de haut niveau ?

Dans les années 60, les soupçons toujours plus virulents concernant le sexe des athlètes féminines ont entraîné les instances sportives à procéder à des contrôles des sexes afin de garantir le principe d’équité dans les compétitions de haut niveau. Très vite les médecins et scientifiques ont constaté les limites de la bicatégorisation, phénomène qui consiste à vouloir assimiler aux individus le sexe masculin ou bien le sexe féminin. En réalité, les recherches et notamment la découverte de la structure de l’ADN en 1953 ont permis de découvrir l’existence de différentes formes de différences du développement sexuel (DSD) entraînant un état intersexué chez les individus. Ainsi, puisque la binarité des sexes est remise en cause, les instances sportives décident dès les années 2000 de tester les taux de testostérone chez les athlètes féminines. 

 

Depuis, le sujet fait rage, certains considèrent la testostérone comme un bon indicateur afin de garantir l’équité dans la catégorie « féminine », d’autres critiquent cette évaluation des athlètes. Surtout, les instances sportives ont dû apporter des solutions aux athlètes féminines dépassant les taux de testostérone imposés. Ces dernières se voient alors proposer des traitements hormonaux afin de faire baisser leurs taux de testostérone. Aussi, cette question est très houleuse parmi la communauté scientifique, les médias, les athlètes et la population. Certains s’interrogent sur les conséquences de ces traitements sur les athlètes et sur la moralité d’un tel règlement. Enfin, il est intéressant de se demander comment les instances sportives traitent cette notion d’équité parmi les autres catégories sportives. Alors que la régulation de la testostérone est imposée aux athlètes hyperandrogénies, les instances sportives ne tentent pas de réguler les atouts physiques biologiques de certains athlètes, leur donnant un avantage dans la compétition. Aussi, on remarque que les instances ont su, dans le cas de la catégorie handisport, redéfinir les catégories sportives permettant ainsi à tous les athlètes de concourir équitablement. Ce phénomène démontre que les catégories ne sont pas figées et remet alors en cause la nécessité de la testostérone comme critère de justice dans la distinction de performance « masculine » et « féminine ».